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De l'amitié fusionnelle entre Jezebel et Dorian... |
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Dorian L. Hargreaves

Age:
Date d'inscription: 16/08/2008
Nombre de messages: 879
Statut: Vague cousin des van Kraft (très vague)
Âge: 25 ans
Pseudo usuel: Blewark.
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Sujet: Re: De l'amitié fusionnelle entre Jezebel et Dorian... Mer 3 Sep - 21:57 |
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Bon sang, Jezebel… Je le serre fort contre moi, enfouissant mon visage dans ses cheveux trempés pour y noyer mes larmes silencieuses. Il s’est endormi la main posée sur ma joue. La pluie se déverse sur nos deux corps enlacés. Il dort. Le front appuyé contre mon épaule. Ses cheveux recouvrant son visage. Je pleure. Secoué de sanglots. Pas un instant je ne cherche à m’en empêcher. Je me laisse aller à ce désespoir et cette merveilleuse émotion qui m’assaille. Jezebel. Mon ami… mon amour. Restons, puisque tel est votre désir. Si la pneumonie nous emporte, nous pourrons au moins dire au diable que nous avons été heureux… et profondément tristes. Restons. Dormez, apaisez votre esprit tourmenté. Puisque vous refusez d’être sauvé...
Mes larmes redoublent. Ne me rejette plus, Jezebel, plus jamais, je t’en supplie. Je suis un enfant. Un faible, qui se noie dans des eaux troubles. J’aurais pu aimer quelqu’un d’autre. J’aurais pu aimer Kail. D’où vient cette colère, cette amertume ? N’ai-je pas tout ce dont je désire ? Suis-je donc trop heureux, pour courir ainsi après la douleur ? Jezebel… si tu savais, mon Dieu, quel profond respect j’ai pour toi. Et pourtant, je sais bien, que ta force n’est qu’apparence. Que tu croules sous le poids des émotions enfouies au plus profond de ton cœur glacé… C’est ainsi, Jezebel… Tu vas laisser le Comte te détruire pas à pas, et prendre possession de ton âme… Jezebel…
Mes doigts se crispent sur ses vêtements couverts de boue. Je n’ose bouger, de peur de troubler son sommeil. Adossé à l’arbre, je sens à chaque coup de tonnerre le sol vibrer. La foudre va s’abattre sur nous. Nous ne serons plus qu’un seul tas de cendre. Du bout des doigts, j’écarte ses cheveux pour voir son visage endormi. Il a l’air si paisible. Sa bouche entrouverte, ses paupières closes… Je lui soulève le menton. Il ne s’éveille pas.
« Tu es si beau Jezebel… »
Aucune réaction. Il est profondément endormi. Mon cœur se crispe. Je caresse ses lèvres du bout de mon pouce. Quelle douceur… Encore un flot de larmes. C’est un rêve, rien d’autre qu’un rêve. Au réveil, cette Folie aura laissé place à l’éternelle amertume. Je partirais pour la France… ennuyer Kail quelques jours, comme si rien de tout ceci n’était arrivé…
J’ose un baiser sur son front, m’attendant à ce qu’il ouvre les yeux et m’assène une violente gifle, comme cette fois là, où je suis entré dans sa chambre alors qu'il dormait encore… nous n’avions qu’une quinzaine d’année… et déjà ses yeux glacés me couvraient de reproches… Il ne m’a plus vu alors que comme un obstacle à franchir, une vermine à éliminer… je lui barre depuis toujours le chemin auquel il aspire… auquel aspire son père pour lui.
Je serre les dents. Une sombre colère monte en moi. Quel homme monstrueux. Quel plaisir prend il donc à manipuler ainsi son propre fils ? Ses enfants ne sont-ils pour lui que des objets ? Le moyens d’arriver à son but, quel qu’il soit ? Non Jezebel… je te tuerais de mes mains s’il le faut… je t’en prie… ne fini pas comme lui. Je te jure que je te tuerais !
Un grognement de rage s’échappe de mes lèvres. Jezebel ouvre à demi les paupières… et les referme aussitôt. Je lâche son menton et le laisse retomber sur mon épaule. La pluie devient encore plus forte, chaque goutte qui s’écrase lourdement sur mon visage est douloureuse. Peu importe. Je reste là, trempé jusqu’à la moelle. De toute façon je ne pourrais pas porter Jezebel jusqu’au manoir. Je suis encore trop faible.
Peu à peu, je me sens moi aussi emporté par le sommeil. La main de Jezebel est retombée dans mon cou. Le contact de ses doigts mouillés m’apaise. Je lutte un long moment, profitant de cet instant qui ne prendra fin que trop tôt. Nos doigts entremêlés ne goûteront plus jamais à cette douce étreinte… Je laisse ma tête s’appuyer contre la sienne. Mon cœur ralentit, ma respiration aussi. Dormons, puisque nous sommes victime de notre propre faiblesse.
« Debout Hargreaves ! Ou peut être avez-vous l’intention de servir de repas aux sangliers ? »
Un coup de pied dans ma jambe. J’ouvre les paupières. Elles sont douloureuses. J’ai trop pleuré. D’ailleurs, tout mon corps me fait mal. Ma nuque, mon dos, mes bras, mes doigts, mon postérieur… Je lève les yeux vers la voix qui m’a éveillé. Ton sec et méprisant. Jezebel me surplombe de toute sa hauteur. Il ne sourit pas. Pas une ride sur son visage.
Je m’appuie sur l’arbre pour me mettre debout. Il fait encore sombre. Les premières lueurs du jour donnent à la forêt un aspect inquiétant. Je frissonne. La pluie a cessé, mais je suis encore trempé. Jezebel aussi. Il doit être cinq heures du matin. Une heure avant l’aube, c’est le moment le plus froid d’une journée.
Jezebel se détourne. Il s’enfonce à travers les arbres, en direction du sentier qui mène au manoir. Je le suis, les yeux rivés sur sa jambe boiteuse.
« Jezebel… votre jambe… - Taisez vous donc ! »
Silence. Je baisse les yeux vers mes pieds pour éviter de trébucher bêtement. Le mutisme tendu se maintient entre nous jusqu’à l’entrée du manoir. Là, il se fige et tourne vers moi son regard froid.
« Ôtez vos chaussures et retournez dans votre chambre sans rien salir. Si vos habits mouillés laissent ne serait ce qu’une infime trace sur le sol, je vous les fais avaler de force après les avoir trempé dans l‘acide. »
Le rêve s’est terminé, comme prévu. Jezebel est redevenu la statue de marbre qu’il a toujours prit soin d’être… Même si ses cheveux en bataille, trempés et parsemés de morceaux d’écorce jurent avec son allure irréprochable. Il me tourne le dos et s’éloigne en direction des écuries.
« Où allez vous ? - J’ai à faire. Rentrez, Hargreaves, avant qu’on ne vous voie. Mon père est déjà levé. »
Mais Jezebel… vous êtes encore couvert de boue _________________
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Jezebel van Kraft

Age: 16
Date d'inscription: 03/01/2007
Nombre de messages: 1070
Statut: Fils du Comte
Âge: 25 ans
Pseudo usuel: Ruth
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Sujet: Re: De l'amitié fusionnelle entre Jezebel et Dorian... Ven 5 Sep - 23:21 |
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Réveil difficile. Je n’ai aucune envie d’ouvrir les yeux, de retrouver mon monde et sa lumière glacée qui blesse plus qu’elle ne réchauffe. Ou au moins pour un instant… J’ai chaud, là, je suis bien, je dors sans méfiance et sans attendre que quelqu’un me poignarde dans le dos. J’ai confiance en lui – mais je ne l’en déteste que plus ! Und die Vögel singen nicht mehr…Froid, cruel comme à l’habitude, j’ai rompu l’illusion. L’aube m’est douce et froide, j’en ai presque mal aux yeux. Et pourtant… j’ai bien dormi, mieux que jamais en vingt années d’existence – je deviens fou et telle est la raison de ma fuite éperdue vers le seul être qui m’écoutera sans broncher, le seul qui écoute toutes les peines que je dois épancher. Il a huit ans, je l’ai aidé à naître, dressé, élevé, débourré, il est mon éternel ami depuis que j’ai aidé le vétérinaire à le sortir du ventre de sa mère. Il s’appelle Nebel… La brume. Un superbe étalon à la robe de feu et aux yeux brûlants. Son caractère explosif mais franc, ses capacités extraordinaires et sa constitution robuste m’ont valu bien des offres d’achat – j’ai toujours refusé. Serait-il le dernier des ânes bâtés que je le garderais tout de même, je suis le seul à pouvoir m’occuper de lui et s’il venait à mourir prématurément je serai seul à pouvoir abréger ses souffrances. Je flatte son encolure, lui souris doucement. Ohne dich kann ich nicht sein…- Bonjour, mon beau. Tu as passé une bonne nuit ?… Moi aussi, pour une fois. Il… non… rien. Un vague sourire. Qu’allais-tu dire, imbécile ? … Aucun doute possible, tu es le roi de la mauvaise foi, Jezebel. Je chasse ces pensées et entreprends de panser mon cheval avec le plus de soin possible. Il souffle doucement dans ma nuque lorsque je passe sous sa tête, j’éclate de rire comme un enfant avant de réprimer cette hilarité malvenue. Aucune dignité. Mit dir bin ich auch allein.Je lui passe une bride légère au mors presque imperceptible, sa bouche est si sensible que je puis le diriger d’une simple pression des doigts. Au moindre geste trop brusque il m’échappera. Pas de selle, jamais lors de ces promenades matinales ; il sera vêtu de rosée et moi aussi. D’un geste ample je déboutonne ma chemise tachée de sang et de boue avant de la jeter dans la paille. Je veux sentir le vent sur ma peau… Und das Atmen fällt mir ach so schwer...Je me hisse sur le dos de Nebel, il s’agite un peu, pour la forme – il ne tient pas à faillir à sa réputation d’équidé capricieux, tout comme moi à la mienne. J’esquisse un sourire et presse légèrement ses flancs, il marche dans la cour d’un pas vif, une fois à la bordure du domaine je le lance au galop. Mes cheveux lâchés flottent derrière moi, je sens les muscles de mon cheval rouler sous ma peau dans une danse effrénée, rien ne me retient plus sur son dos à part mes jambes et mon assiette bien entraînées ; cette précipitation m’entraîne au-delà d’un univers trop morose. J’oublie la moindre de mes pensées. Je pourrais mourir à l’instant sans même m’en rendre compte, emporté dans ce voyage à la fois fou et ardent. Deux heures s’écoulent, immenses et infinitésimales à la fois, elles ne me paraissent plus exister lorsqu’enfin j’achève le tour du domaine, trempé par le brouillard matinal qui s’est enroulé autour de mon corps déjà gelé. Nebel souffle bruyamment. Lorsque je reviens à l’écurie, il doit être sept heures du matin ; je déharnache ma monture et lui donne sa ration d’avoine. Tu vas finir obèse, gros père, si tu manges comme ça – le comte va vouloir te faire rôtir. Avec un soupir, je prends la direction du château en tentant d’oublier les évènements de cette nuit. Hildegarde m’attend dans le vestibule, se tordant les mains d’inquiétude, elle se jette presque dans mes bras lorsque j’apparais. J’étouffe sous cette étreinte et je ne comprends pas qu’elle veuille me toucher : à demi nu, sale, trempé de sueur et de boue, je dégage une odeur qui ne doit pas être des plus agréables. Elle s’en moque. Elle m’aime comme un fils. - Messire Jezebel, je me suis fait un tel sang d’encre pour vous ! Si Monsieur Hargreaves ne m’avait pas rassurée tout à l’heure… Oh, Seigneur, Seigneur, mes enfants ! Vous êtes si imprudents, lui et vous ! Dans la forêt, par cet orage ? Mais quelle mouche vous a piquée ? - Hum… Oui… C’était… … Une envie d’étudier la flore de la forêt. Subite. Comme ça. - … Mein Herr, vous ne voulez vraiment pas me dire ? - Nein, meine liebste Hildie. Ich ware in die Tannen...- Vous êtes impossible. - Et parfait. - Et modeste. Je lui souris. Elle me taquine toujours ainsi quand elle me sent d’humeur morose – mais ne t’inquiète pas, tout va bien, Hildegarde. Je suis juste un peu… un peu perdu, je crois. J’esquisse un mouvement vers ma chambre quand ma camériste me retient par le bras. - Herr Jezebel, Herr Hargreaves a laissé ceci pour vous. Une lettre ? Qu’est-ce que cet idiot a bien pu… Jezebel, J’aurais aimé vous adresser une missive peut-être plus douce, peut-être plus aimable, en prolongation de ces quelques heures qui m’ont semblé être des éternités. Je sais que vous n’apprécierez guère les mots que je dois vous écrire, il me faut cependant le faire. Suis-je en train d’éviter le sujet de manière fort peu subtile ? Ma foi oui. Il sera plus sain pour vous et pour moi que nous ne nous revoyions plus pour un moment…
Ohne dich zähl ich die Stunden...
Aussi ai-je choisi de différer l’heure de mon départ. Quand vous recevrez cette lettre je serai en route pour la gare de Munich. Je compte m’arrêter à Paris, voir cet artiste peintre que vous connaissez, Kail Wyhlem. Cela fait très longtemps que je ne l’ai pas croisé…
Auf den Ästen in den Gräben ist es nun Still und ohne Leben...
De plus, votre père ne semble guère apprécier ma présence en ces lieux. Quant à vous-même vous avez retrouvé votre habituelle et attristante froideur, je sais que ce ne fut qu’un passage, aussi ne vois-je aucun intérêt à l’idée de vous importuner plus longtemps. Peut-être ferais-je mieux de vous oublier, même si j’en suis foncièrement incapable, de passer à autre chose… Une vingtaine d’années à vous aimer, n’est-ce pas un peu trop ?
Ohne dich…
Nous ne nous reverrons pas avant plusieurs mois, je le crains, et je devine que vous ne m’enverrez pas la moindre lettre, aussi puis-je me permettre de signer celle-ci de la manière que je souhaite, puisque vous la brûlerez comme l’objet d’un pestiféré. Avec mes sentiments les plus tendres,
Dorian L. Hargreaves P.S. : Vous avez un sommeil d’ange. Blême, je déchire la lettre, incapable d’agir autrement. Il est parti… Und die Vögel singen nicht mehr._____________________ Les phrases en allemand sont de la chanson "Ohne Dich" de Rammstein, vous trouverez les traductions dans le sujet "une musique à partager" du flood. La petite phrase que Jezebel sort à Hildegarde signifie "Non, ma chère Hildie. J'étais dans les sapins". _________________
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De l'amitié fusionnelle entre Jezebel et Dorian... |
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