Kail Wyhlem

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Date d'inscription: 24/08/2008
Nombre de messages: 541
Statut: Peintre pauvre
Âge: 32 ans
Pseudo usuel: Mel
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Sujet: Kail et Béatrice Lun 1 Déc - 0:32 |
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Bon ceci n'est pas vraiment une chronique puisque je ne sais pas s'il n'y aura qu'un seul post ou plusieurs (qui de toutes façons ne se suivront pas). Si j'en fais d'autres, ça sera des petits moments de la vie de Kail et Béatrice, donc leur petite vie d'amoureux, ça risque que par conséquent d'en ennuyer plus d'un XD.
En attendant je vous laisse lire leur première rencontre qui marque le début de leur histoire ^^. _________________
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Kail Wyhlem

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Sujet: Re: Kail et Béatrice Lun 1 Déc - 0:49 |
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C'était le 13 novembre. Depuis deux jours, Paris se noyait lentement sous la pluie fine qui s'insinuait dans ses moindres recoins. Dans l'arrière-salle du salon de thé, Béatrice recompta les billets puis les rangea dans une petite boîte en fer qu'elle glissa ensuite dans son sac à main. Elle remercia la propriétaire et repris le couloir lui permettant de sortir discrètement de l'établissement.
Enfermée dans sa cuisine depuis trois jours, elle avait craqué et supplié son père de la laisser faire au moins une livraison. Il avait finit par accepter lorsqu'elle avait menacer de l'assommer avec un rouleau à pâtisserie s'il refusait. Dans sa plus belle toilette, elle avait sautillé sur le pavé de la capitale, faisant peu de cas de la pluie qui plaquait ses vêtements contre son corps généreux.
Le salon de thé de "Madame de Lisoire" était l'un des plus prisé de Paris. Et si les aristocrates les plus divers le fréquentaient, d'autres classes sociales, tout aussi diverses, s'agglutinaient à ses alentours.
En ressortant par l'entrée de service du salon, Béatrice vit un homme adossé au mur à coté de la porte, son visage en partie caché par la fumée de sa cigarette. Elle lui sourit poliment et referma la porte derrière elle avant d'enfiler ses gants. Lui souffla bruyamment et le voile gris se dissipa dans les airs. Il sortit une petite boîte de sa veste, l'ouvrit, et lui proposa gentiment une cigarette.
- Non merci, refusa-t-elle doucement, ça altère la sensibilité de ma bouche.
Sa réponse étonna Kail qui rangea sa tabatière en la détaillant discrètement. A voir ses formes généreuses et les lèvres charnues de la bouche en question, il ne se fit guère d'illusion sur la profession de la dame.
- Je vois. Il ne faut pas abimer vos... outils de travail, lança-t-il avec une certaine malice. - Comme vous dites! Je ne pourrais jamais vendre à mes clients quelque chose qui ne me satisferait pas moi-même!
Kail la dévisagea. Sa voix n'avait pas les accents cyniques des professionnelles expérimentées qu'il avait côtoyées. Une nouvelle venue sans doute. Et très enthousiaste.
- J'aimerais goûter à l'une de vos gâteries... dit-il en se penchant légèrement vers elle, un sourire aux lèvres et les yeux détaillant avec une certaine envie sa bouche sensible et son menton délicieusement bombé. Les joues rondes s'étaient empourprées d'un rose qui fit frémir le peintre. La jeune femme se mit alors à fouiller son sac à main.
- Je n'ai rien sur moi malheureusement.
Kail haussa un sourcil, ne suivant son raisonnement que lorsqu'elle sortit un crayon de sa pochette et lui nota une adresse sur la paume de la main. Le peintre s'étonna de la certaine rudesse des doigts de la jeune femme, alors que la plupart de ses collègues s'arrangeaient pour avoir les mains les plus douces de paris. Mais elle fumaient également toutes. Il sourit, imaginant la douceur que pouvait avoir la langue et les lèvres de la jeune femme.
Elle sourit à nouveau et rangea son crayon. Kail ne perdit pas de vue un seul geste de ces doigts.
- Vous n'avez qu'à passer ce soir. On fait une ristourne à chaque nouveau client, déclara-t-elle avec un sourire éblouissant d'une innocence qui avait du faire le succès de ces remises.
Puis les cloches de la cité retentirent et la jeune femme sursauta, s'étonnant de l'heure déjà tardive. Elle le salua et, malgré la pluie, sortit de la ruelle pour rejoindre l'avenue. Kail la suivit quelques secondes et regarda sa silhouette ronde se glisser avec souplesse entre les passants. L'eau coula le long de son bras et il glissa ses mains dans les poches de sa veste, protégeant ainsi la fragile écriture sur sa paume. Il s'enfonça à son tour dans la foule et une fois à l'abri des intempéries, regarda l'adresse d'un air pensif. Visiter une autre maison close lui redonnerait peut-être un peu d'inspiration.
Mais quand il se rendit quelques heures plus tard face à la devanture de "La Gâterie Sucrée", il hésita entre mourir de rire ou de honte.
Si l'enseigne était aguicheuse à l'oreille, les innombrables gâteaux qui s'étalaient derrière la vitrine attirait l'attention d'un appétit bien plus avouable que celui auquel il avait songé. Et il aurait aussitôt tourné les talons si celle qui était en fait une professionnelle de la farine ne l'avait reconnu et ne lui avait fait signe de rentrer.
Penaud, il se résigna à pénétrer l'honorable établissement et ne put retenir un sourire d'excuse lorsque la pâtissière l'accueillit avec un éclat de rire victorieux.
- Vous êtes bien le premier à oser entrer après vos insinuations. Pour la peine je vais vous offrir deux gâteaux pour le prix d'un.
Kail la vit prendre un éclair et une religieuse au chocolat et les poser avec précaution dans un carton aux couleurs du magasin. Le peintre vida ses poches et déposa ses quelques sous dans la paume ouverte de la pâtissière. Elle lui tendit ensuite son paquet avec un sourire dont la chaleur alla brûler directement dans le pantalon de l'artiste. Embarrassé, il lui tourna le dos marmonnant un remerciement mortifié. Avant de franchir la porte, il se retourna cependant, troublé par le visage hilare de la dame.
- Je crois que finalement, je préfère vous savoir pâtissière mademoiselle... - Je crois que moi aussi. J'espère vous revoir bientôt dans notre boutique monsieur. Savourez vos gâteries sucrées, rétorqua-t-elle avec un clin d'œil.
Un sourire pointa sur les lèvres pâles de l'allemand et il fit tinter la clochette en poussant la porte. Derrière son comptoir, Béatrice se mit à chantonner en époussetant ses manches, et esquissa quelques petits pas de bourrée auvergnate.
Chez lui, Kail avait eu beaucoup de mal à ne serait-ce que garder la boîte de gâteaux ouverte. La religieuse charnue lui donnait l'impression que le corsage de la pâtissière s'était défait sous ses sourires et que de simplement y passer le bout de la langue la ferait frémir. Quand à l'éclair, il avait eu la fugace vision de la jeune femme en train de vérifier s'il était "satisfaisant". Kail avait donc refermé brusquement la boîte et, après quelques secondes pour retrouver un peu de calme, l'avait portée dans son atelier. Là, il l'avait rouverte et, le souffle court et les yeux dilatés, avait pris ses pinceaux.
Ce n'est que bien des heures plus tard qu'il s'accorda de satisfaire un appétit devenu beaucoup moins avouable.
Le lendemain, il apporta sa nature "morte" à "La Gâterie Sucrée". _________________
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