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Léandre dans un monde de faux-semblants

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Léandre Holingren



Masculin
Age: 28 Date d'inscription: 01/01/2009 Nombre de messages: 75 Statut: Majordome du manoir. Âge: 25 ans Pseudo usuel: Twilight

MessageSujet: Léandre dans un monde de faux-semblants Lun 12 Jan - 22:07

Je suis derrière une porte et j’attends que la vieille femme réussisse à convaincre ce vieillard borné que je ne suis pas un mauvais bougre. Son patois est totalement démodé et j’ai du mal à la comprendre. Mais le fait que le vieil homme soit presque sourd et parle fort me permet de tout bien entendre. Elle est bien aimable d’ainsi me défendre. Je pense que je devrais la remercier de sa sollicitude mais je ne sais si j’aurais cette possibilité.

Je suis derrière le portail du manoir de l’homme, un certain Géronte qui a une fille exquise. Il est vrai que je n’ai pas le sou, mais elle a compris que mon âme lui est dévouée. Elle m’aime, j’en suis certain et cela me permet de tenir encore et toujours. La discussion continue et la femme crie presque à présent.

- Je le crois bian, vous li vouilliez bailler cun homme qu'alle n'aime point. Que ne preniais-vous ce Monsieu Liandre, qui li touchait au cœur? Alle aurait été fort obéissante: et je m'en vas gager qu'il la prendrait li, comme alle est, si vous la li vouillais donner.

Quel patois infâme, j’ai du mal à traduire et je ne comprends pas pourquoi elle parle encore avec ce phrasé démodé, mais si j’ai tout bien compris, elle me défend auprès de ce Géronte, brave brave Jacqueline, elle est si dévouée à ma tendre Lucinde. Ah, voila que le vieillard lui répond.

- Ce Léandre n'est pas ce qu'il lui faut: il n'a pas du bien comme l'autre.

La peste soit de l’avarice et des avaricieux ! Je crois que je m’égare, il faut que je me reprenne.

- Il a un oncle qui est si riche, dont il est hériquié.

Comment diable le sait-elle ? Un oncle je ne sais pas, mais un parent oui, il a une fortune exceptionnelle et je dois rester dans la boue. C’est terrible et horrible. Mais j’entends qu’on vient et je me dois de m’en aller à l’abri, je reviendrai avec ce médecin qui m’a l’air homme intelligent.

Je me suis changé et contre un peu d’argent, le médecin va me faire passer pour un apothicaire.

- Il me semble que je ne suis pas mal ainsi, pour un apothicaire: et comme le père ne m'a guère vu, ce changement d'habit, et de perruque, est assez capable, je crois, de me déguiser à ses yeux.

Oui, cela est astucieux et l’homme, un certain Sganarelle, me regarde avec soin pour vérifier ma mine. Tout convient parfaitement et je suis enfin prêt à rencontrer ma mie.

Quelques heures plus tard, je me suis changé et porte des vêtements plus passe partout. C’est agréable de marcher dans la nuit pour oublier et se perdre dans la pureté du noir.

Alors que je regagne l’auberge sordide où je suis installé, j’entends parler dans mon dos. Ils cherchent à être discrets et c’est presque réussi pour eux. Mais j’ai appris à tout entendre quand j’étais enfant et la rue me connait assez pour ne pas permettre que je sois surpris par des voleurs ou de simples mendiants. Ils sont assez nombreux et je n’aurais certainement pas le temps de regarder mon auberge.

Cela est mauvais pour moi, je n’ai pas d’argent sur moi et des voleurs détestent perdre leur temps. Me retrouver mort sur le pavé de la ruelle sombre ne m’enchante guère, et perdre la vie dans une marre de sang n’est pas non plus ce que j’apprécierais. Je ne peux que me retourner pour leur montrer que j’ai entendu leurs murmures. Ils sont effectivement nombreux et me regardent avec un air mauvais sur le visage. Je distingue à peine leurs traits, mais je voir bien leurs yeux qui toisent mon allure et mon air enfantin encore.

Je suis Léandre, un jeune amant désargenté et totalement incapable de me défendre, ils le savent et le sentent et je vais devoir me soumettre à leurs désirs si jamais personne ne vient à mon aide.

Ils marchent lentement vers moi comme pour me tester et me défier. Je me dois de ne pas bouger, de rester immobile sinon ce sera la curée. Ils sont pires que tout ce que je pourrais imaginer et je suis seul, désespérément seul face à eux. Le meneur s’approche de moi et place son visage aviné à côté de mon oreille, il murmure des phrases sans aucun sens, les seuls mots que je reconnais sont argent et or. Il croit réellement que je suis un homme capable de détenir de l’argent ou de l’or sur ma personne. Il est fou, cela se voit et je ne sais comment je pourrais lui échapper.

Son couteau est déjà posé sur mon cou et ses mains tremblent sous l’effet de l’alcool, les autres commencent à prendre de l’audace et s’approchent à leur tour. Je ne sais exactement leur nombre car je ne peux me retourner, mais devant moi se distinguent au moins cinq autres voleurs de basse extraction. Du genre des voleurs qui passent leur temps à boire pour oublier et qui volent pour pouvoir boire encore.

Je suis toujours seul et ce ne sont pas quelques bonnes paroles qui me permettront de sortir de ce mauvais pas. La lame du couteau s’approche encore de ma gorge et laisse perler un filet de sang pourpre. La douleur est faible pour le moment mais je ne pourrais jamais résister si cela se poursuivait. Je me rend à l’évidence, je ne peux pas faire autrement que de leur donner ce qu’ils veulent et je pose ma main sur le bras qui me menace tout en baissant la tête totalement soumis.

Un gargouillis sonore se fait entendre presque au même instant alors que l’homme tombe au sol la gorge tranchée. Je regarde ma main ensanglantée par l’éclaboussure du coup et je vois les autres s’approcher.

Bientôt c’est une silhouette sombre qui bouge rapidement et qui sème la mort sur son passage qui a envahit la ruelle. Elle semble s’amuser de la mort sur son passage et un petit rire enfantin, un plaisir presque innocent.

Le couteau vole de gorge en gorge laissant le pavé se teinter de pourpre. Je suis totalement extérieur à la scène, la laissant se dérouler sous mes yeux tandis que la main continue son travail et finit par arriver devant le dernier homme. Le moins saoul de tous, pas le meneur mais celui qui pense avant d’agir, celui qui conseille, l’éminence grise de la troupe maintenant presque décimée. Certains se sont enfuis et la main semble lui en vouloir pour cela.

Elle s’approche de la gorge mais décide de tracer d’abord un sillon sur la joue, un sillon démontrant sa rage et sa volonté de prouver sa valeur et son courage. Alors que l’homme gémit sous la douleur relative, la main armée continue à tracer des lignes de sang sur le corps à présent totalement à elle. Elle dessine ce qui semble un symbole important pour elle.

Le torse mis à nu est marqué par une figure grotesque dont les crocs luisants pourraient faire penser à une bête de cauchemar. Puis le couteau se place à l’emplacement du cœur et frappe sans hésiter. La main le laisse là et je peux enfin bouger.

Je me recule en contemplant ce macabre spectacle, incapable de me résigner à le quitter des yeux. Plus aucune trace d’agresseurs quels qu’ils soient et je laisse mon souffle reprendre un rythme normal.

Je ferme un instant les yeux et me retourne, quittant le spectacle et retournant vers la vie. Sur le pavé un morceau de parchemin arraché à la va vite et griffonné par une plume noire s’imbibe lentement de sang. L’encre disparait peu à peu et le message semble s’effacer mais sous mes paupières il est là. Je peux presque entendre le terme crié sur mon passage par des centaines de voix alors que je regagne la chambre qui est la mienne. Un simple dortoir mais le lieu où je passe ma vie. Le terme me poursuit encore et encore.

Je parviens à retourner vers l’auberge sans me faire remarquer et j’essuie le sang de ma manche et de ma main. Le liquide rouge est emporté par l’eau claire du ru au bas de la ruelle et j’entre encore essoufflé par ce que j’ai vécu. Personne n’est là pour surveiller mon arrivée et je peux monter m’allonger.

Quand je ferme les yeux, les lettres rougeoient sous mes yeux et mes oreilles résonnent du mot.

Croque-mitaine.

Je parviens lentement à trouver le sommeil en me demandant si je resterais longuement dans cette ville. Le métier d’acteur est intéressant, mais je ne veux plus risquer ma vie dans la rue comme cette nuit. Le croque-mitaine pourrait revenir et personne n’aurait envie de le rencontrer. C’est décidé, dès le lendemain je demande un lieu plus proche du théâtre pour pouvoir me consacrer à Molière et à son médecin.
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Léandre Holingren



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Age: 28 Date d'inscription: 01/01/2009 Nombre de messages: 75 Statut: Majordome du manoir. Âge: 25 ans Pseudo usuel: Twilight

MessageSujet: Re: Léandre dans un monde de faux-semblants Dim 18 Jan - 18:27

Revenir en ce lieu me semble de plus en plus étrange. Pourquoi ai-je donc besoin de voir à nouveau la tour, le symbole de ce que je suis et de ce que je serais à tout jamais. Les images me reviennent alors que je pose ma main sur le bois vieilli par les ans et que je regarde la porte par laquelle ma vie changea. Cela pourrait être une simple ouverture dans le mur mais par un curieux caprice divin ce n’est pas aussi sobre. Et bien que je doute de la puissance de Dieu dans ce lieu, je ne peux que déchiffrer avec des souvenirs puissants l’inscription noircie.

« Pater et Mater reliquerunt nos, Dominus autem assumpsit » *

Comme si le fait de nous rappeler toujours ce que nous étions, aurait pu changer quelque chose dans nos âmes. Je regarde ensuite les peintures qui commencent à s’écailler par endroit. Deux angelots roux encadrent l’inscription, comme si nous avions nous aussi pu être des anges. C’est amusant de voir ce que la religion tente de faire croire aux gens. Je retrace du doigt maintenant les grilles protégeant la porte de bois. Des grilles de métal noir que tous connaissaient par cœur. Et alors que je dépose ma main à plat sur la porte, il me semble entendre à nouveau les échos du passé.

- Bouge de là gamin, reste pas dans mes pattes.

Je me décalais promptement pour ne pas me prendre un mauvais coup. Gamin, oui j’étais un gamin, un enfant qui aurait pu être apeuré par la taille de l’autre. Lui, presque un adulte à mes yeux, un des plus vieux du lieu et des plus mauvais aussi. Je n’ai jamais compris pourquoi d’être entouré de religieux et de religieuses donnait lieu à tant de méchanceté et de violence gratuite. Des coups je m’en étais pris plus que ma part il me semblait et je ne souhaitais pas continuer à en recevoir. Mais je n’avais pas tellement le choix il me semble, j’étais là et je ne pouvais pas m’en sortir facilement.


Alors que je m’apprête à ouvrir la porte, j’entends un bruit à côté de moi et je me retourne vivement. Quelques mèches grises encadrent le visage d’une femme, elle me regarde comme si j’allais commettre un crime puis elle semble s’adoucir. Ses traits passent de la dureté à la gentillesse et je vois des larmes perler au coin de ses yeux. Je sais qui elle est à présent et je me laisse aller dans l’étreinte qu’elle me donne.

- Qui t’as fait ça ? Allez parle, tu ne crains plus rien à présent.

Les larmes coulaient sur mes joues et je regardais mon ventre teinté de rouge. Le sang, toujours le sang, il s’écoulait de mon ventre suite au coup de couteau que j’avais reçu. Je ne pouvais pas le dire, même si elle me l’affirmait, je craignais encore beaucoup de choses si jamais je parlais. Et même si elle était gentille, je ne pouvais pas m’empêcher de me taire, laissant simplement mes larmes parler et montrer ma douleur et ma détresse.


- Oh, mon petit, allez sèche tes yeux.

Je ne comprends pas comment des larmes parviennent à couler. Je ne comprends pas pourquoi je suis revenu pour revivre ces moments. Je ne comprends pas pourquoi je pleure à nouveau comme un enfant. Mais elle semble le savoir, elle voit à travers moi comme si je n’étais qu’un livre, un livre ouvert à toutes les émotions humaines qui pouvaient me traverser, me transpercer même parfois. Elle avait toujours été gentille avec moi alors que les autres…

- Tu as bavé ?

Ils m’entouraient tous, attendant que je confirme ou infirme ces propos. Celui qui m’avait donné le coup de couteau pour prouver qu’il n’avait pas peur de moi. Comme s’il pouvait avoir peur de moi alors que je n’avais que huit ans et lui treize. C’était le vieux, le plus dangereux mais il semblait que mon aspect lui faisait peur. Je n’étais pas ignoble à ce point ce me semble pourtant.

Je le regardais avec assurance sachant parfaitement qu’il ne me ferait rien de plus. J’étais sortit au bout de cinq jours de la chambre qu’on m’avait donné le temps que je me remette et à présent on me surveillait. Surtout elle, cette gentille femme qui, durant tout ce temps où j’étais faible et alité, avait tenté de me faire parler.

- J’ai pas b’soin d’parler, t’pas d’taille.

Il me lança un regard de pure haine que je lui rendis en accentuant légèrement mon sourire moqueur. Déjà certains reculaient en me voyant. Ce n’était pas normal, pas normal du tout selon eux. Mais ils n’avaient pas compris que je ne souhaitais pas cette vie, la mort serait bien plus intéressante.


Elle me libère enfin de son étreinte et je peux mieux la regarder. Son air sévère est toujours là malgré son sourire. Elle m’entraine vers la seconde porte, la porte par laquelle on pouvait sortir alors que j’étais devant celle qui m’avait fait entrer. Alors que je regarde autour de moi, je vois les enfants accourir puis s’éloigner. Un mouvement de flux et de reflux que nous aussi nous avions. A croire que les traditions perdurent toujours et que l’inconnu nous attire autant qu’il nous effraie.

Elle était si belle, je n’osais pas m’en approcher. Les autres étaient comme moi, des étoiles dans les yeux en la regardant s’avancer en compagnie du directeur. L’homme d’église lui souriait comme pour l’amadouer. Avec de la chance elle le débarrasserait de plusieurs d’entre nous. J’avançais en même temps que les autres à sa suite, reculant vivement dès qu’elle posait ses yeux sur moi. Il était connu depuis toujours que ceux qui se montraient trop n’étaient pas pris. C’était ainsi que la vie décidait.

Une petite main se glisse dans la mienne et je me rends compte que je me suis arrêté au beau milieu du champ d’enfants. Je regarde le visage souriant du petit, un gamin qui ne doit pas être là depuis longtemps ou bien alors je lui rappelle quelqu’un de connu. Mais désolé gamin, tu ne peux pas m’amadouer ainsi. Je relâche la main lentement et j’essuie les quelques larmes du petit. Je lui murmure à l’oreille quelques mots de réconfort et il part en courant. Son pas rapide fait s’enfuir le reste de la troupe comme une volée de moineaux et j’entre dans le bureau à la suite de la femme qui me sert de guide.

Je n’avais pas plus de sept ans quand on me fit entrer pour la première fois dans ce bureau. Le directeur était assis et ne me regardait même pas. Je me contentais de me balancer d’un pied sur l’autre dans l’attente d’un mot ou d’un ordre. Et quand il leva ses yeux je faillis repartir en courant dans l’autre sens. Il sembla le sentir et fit un petit geste de la main. Aussitôt je fus poussé vers lui et je me retrouvais à portée de sa voix âgée.

- Tu es ici pour m’expliquer ce qui t’a pris. Alors jeune homme, tes explications ?

J’avais déjà compris que parler n’était pas la solution qu’il fallait pour permettre aux autres de m’apprécier. Pourtant j’aurais tant aimé pouvoir lui dire qu’on me l’avait demandé. Que ce geste était ordonné par les autres, qu’ainsi je pourrais gagner leur confiance. Oui, monter ainsi sur le toit de la grange et mouiller les passants n’était pas une chose intelligente, mais je l’avais fait, j’étais l’un des leurs maintenant. La punition ne me faisait pas peur.


- Assied toi mon petit. Assied toi je t’en prie.

Je sors de mes pensées et je regarde le bureau, il me parait si petit alors que dans mes souvenirs il est immense. On a raison de dire que les souvenirs de l’enfance sont faux, je n’ai pas peur d’être là alors que je tremblais à l’époque. Elle ouvre une boîte qu’elle vient de prendre dans une armoire et elle me tend un morceau de papier et un objet. Je la remercie d’un signe de tête et dépose des deux dans le fond de ma poche. Elle semble décidée à me parler quand une clochette sonne. Je me lève comme dans un réflexe et je cours vers l’endroit d’où provient le son.

La clochette vient de raisonner, on ne prenait pas le temps de nous retourner ou de nous poser, nous nous contentions de courir toutes affaires cessantes vers la porte de la tour. La porte intérieure cela s’entend puisque nous ne pouvions jamais voir qui était là. Mais une fois arrivés quelle attente et quelles questions. Un garçon ou une fille ? Riche ou pauvre ? Nommé ou non ? A chaque fois que cette clochette se faisait entendre nous étions enfin des gamins qui attendaient un nouveau bébé dans la famille. Je fixais alors comme les autres la tour et je regardais le nouveau arriver.

Un petit rire retentit derrière moi alors que le troupeau d’enfants était regroupé. Je m’arrête d’un seul coup dans mon élan et je me retourne en rougissant légèrement. La nouvelle directrice aux cheveux grisonnants me sourit et me fait signe de m’asseoir à nouveau. Je ne suis plus l’un des leurs il ne faut pas que je l’oublie. La mémoire humaine est ainsi faite que l’on peut avoir des absences de souvenirs qui reviennent en force simplement par l’intermédiaire d’un lieu, d’un sentiment, d’une odeur…

La femme est belle, comme toujours je ne m’approchais presque pas d’elle, pourtant elle semblait ne voir que moi. Il est vrai que j’étais presque beau, mes cheveux coupés de frais même s’ils allaient dans tous les sens et que la sœur qui m’avait fait cette coupe n’était pas spécialiste de l’égalisation, mes vêtements n’étaient pas trop rapiécés, je ne me salissais plus autant qu’à mes sept ans. Elle vint vers moi alors que je reculais presque apeuré. Mais quand elle croisa de plus près mon regard je compris qu’elle était celle que j’attendais. Celle qui me permettrait de ne plus rester là avec les autres qui ne m’aimaient pas réellement.

- Mon pauvre petit, ta vie a dû être si dure.

Je ne sais pas si elle en a conscience mais elle est l’une des seules à savoir ce qu’est ma vie. Ce pan de mon existence que très peu de gens connaissent et dont seule ma sœur sait combien il compte pour moi. Je souris à la vieille femme que je quitte à présent, je me dois de terminer cette visite. Je ne pense pas revenir ici, et, juste avant de partir, je pose une dernière fois les yeux sur la porte de la tour.

La tour d’adoption.

* « Notre père et notre mère nous ont abandonné, le Seigneur au contraire nous a accueilli »
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